Notre Histoire

Le CCCPH: éléments d’histoire

- Aux Sources -

Saviez-vous que le Club de canot-camping des Pays-d’en-Haut (CCCPH) a pris sa source du Club de canot Echoam de Repentigny autour de 1975 et 1976? Un groupe de mordus des Laurentides qui participaient au club Echouam, quelque peu «tannés» de faire deux heures de route aller-retour pour participer aux réunions à Repentigny, se décident de créer un club dans les Pays-d’en-Haut.
Le Bivac de mai 1981

Le Bivac de mai 1981À l’hiver de 1977, le groupe fondateur d’une quinzaine de personnes se réunit lors d’une assemblée mémorable de fondation pour établir les règlements généraux dans une salle de l’ancien Palais de Justice de Saint-Jérôme. S’y trouvaient, entre autres, Jacques Allard, Ghislaine et Gilles Bourgoin, Pauline Cyr, Pierre Legault, Daniel Chagnon, Bernard Gagnon et parmi les premiers membres, s’y ajoutaient Léopold Vennes (premier président), Denis Brunet et Rollande Desjardins, Michel Paquin, Robert Ledoux, Normand Beauregard, Louis Lafontaine, Micheline Proulx. Pour sa part, Pierre Trudel, fondateur du club Echouam et de la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK), a donné un gros coup de main pour la création du CCCPH.

Et tout commence… en «fibre de verre» évidemment!

La première saison du CCCPH fut l’été de 1977. Des expéditions sur la Désert, la Maskinongé, la rivière de l’Aigle, la Jacques-Cartier à partir du Pont des 12 milles, la rivière du Moine et la Kiamika furent réalisées. Une moyenne de 9 canots par sortie! Un premier grand Rendez-Vous Général fut organisé à Maniwaki, édition du CCCPH. Dès la deuxième année d’opération du CCCPH, le nombre de membres avait atteint la soixantaine. Ce nombre grimpera à plus de 250 vers le début des années 1990. Le journal officiel du club avait pour titre Les vieilles histoires du CCCPH. Il deviendra plus tard Le Bivac.

Caricature Rape Fromage

En 1978, le Club de canot-camping des Pays-d’en-Haut se joint à un groupe d’organismes (la Fédération, le Conseil Régional des Loisirs, le Conseil Régional du Développement) des Laurentides pour réaliser un projet de relance économique. Avec l’aide de subventions gouvernementales, la gang de mordus, dont un groupe d’électriciens de métier réuni autour de Bernard Gagnon, sans emploi à l’époque, se jettent à l’eau (en canot cela va sans dire) et mettent les «bras» à la pâte pour cinq mois: cartes des rivières, balises, aménagement de sites de camping, de sentiers de portage. Les premières cartes des rivières Diable, Rouge et Lièvre résultent de ces efforts.

Gilles Bourgoin ajoutera: «Il y a toujours eu du beau monde intéressant et intéressé dans le CCCPH. Le club a toujours été très convivial. Les bénévoles qui s’impliquent participent avec coeur et générosité. C’était aussi un club extrêmement bien organisé et structuré pour l’époque, et reconnu par ses pairs.» Et c’est encore le cas aujourd’hui!

- Évolution du club -

Phase I: le canot-camping à son meilleur

Calendrier 1986 saison été

Dans ses débuts, le CCCPH était un club strictement de canot-camping familial qui se lançait dans de petites sorties sur des rivières faciles dans un esprit de vacances et de détente. Les canots St-Maurice, Cadorette, Vigeant et les fameux R3 étaient les marques de commerce de choix. L’endroit par excellence pour ces sorties était le Parc de La Vérendrye et ses lacs et petits cours d’eau. Il y avait déjà de la formation organisée par le CCCPH et la Fédération. Le projet de développement récréotouristique avait acheté une remorque à canot qui fut rachetée par le club. Le club louait des canots à cette époque. Plus tard, Gilles Bourgoin, deuxième président du club, ouvrira son magasin Le Gîte à Prévost et achètera la remorque du club. Cette première phase du club occupait les années 1977 à 1984 environ. Le grand manitou par excellence de cette période était Bill Mason avec  »C’est l’aviron qui nous mène ».

Jacques Allard raconte: «Je me souviens d’une très mémorable Grande Bouffe pour le 5e anniversaire du club. Elle avait eu lieu à la grande plage du lac Preston. Nous avions fait un méchoui, un immense gâteau de fête sous forme de canot, et un rallye automobile avait précédé la soirée. Les filles nous avaient fait un spectacle costumé sous les projecteurs de poche. Méchant party.»

Phase II: ouf! les fibres de verre ont la vie dure…

Une deuxième phase débute ensuite, 1984 à 1992. Jacques Allard raconte: «Les francophones ont tardé jusqu’aux années soixante avant de se lancer sur les rivières, mais les anglophones et les Américains y étaient bien avant nous. Nos membres croisaient maintenant de ces Américains qui osaient descendre des seuils 3 et des seuils 4 dans des canots qui apparaissaient incassables et qui portaient le nom de Mad River.» Les canots en ABS et Royalex avaient fait leur apparition.
Le Bivac de juin 1987

Bivac Juin 1987 - 10e anniversaireDès lors débute la phase de vouloir faire nos preuves nous aussi et voilà que les canots en fibre de verre se lancent à l’assaut des R3 et S3 pour s’y fracasser très souvent. Jacques Allard poursuit: «Chaque soir de camping, il y avait une séance de réparation de canot, et le duck-tape était à l’honneur. Des ateliers spéciaux de réparation de la fibre de verre se donnaient systématiquement à chaque début de saison. Jeff Thuot avait son petit canot en fibre de verre comme les autres dans lequel il avait attaché des chambres à air de pneus en guise de flottaison. Il s’amusait à descendre la rivière Rouge. À cette époque, le grand défi, l’ultime défi, c’était d’arriver à descendre les 21 milles de la Rouge»! Imaginez maintenant avec les Sept Soeurs de la Rouge!

Cette deuxième phase est aussi l’époque des nouvelles formations établies avec l’aide de la Fédération. Les membres formateurs du club qui avaient plus de dix ans d’expérience durent être réévalués selon les nouvelles normes. Parmi eux, Gilles Clermont, Gilles Bourgoin, Jacques Allard, François Bertrand, Hélène Lanthier, Louise Hardy et Guy Maisonneuve. Ces règles avaient été établies par Hélène Saint-Arnaud pour la Fédération.

Phase III: l’aventure et le plaisir sous différentes formes

Une troisième phase débute autour de 1992 jusqu’à nos jours. Cette période est marquée par le développement du canot sportif et technique, l’apparition des petits canots solos de haute performance et de jeux d’eau. C’est alors qu’on voit apparaître Classe IV comme manuel de référence de choix.

Un programme de formation bien structuré est établi avec divers niveaux: initiation, eau vive duo et solo II et III, eau calme III, sécurité en rivière, et les niveaux IV pour les plus avancés. Les nouveaux membres sont tous fortement encouragés à suivre les formations. De nouvelles passions apparaissent chez plusieurs. Hélène Lanthier aura donné plusieurs années de bénévolat au club en tant que responsable de la formation.

Les sorties de rivières sont encadrées efficacement et dans un souci de sécurité. Un cours particulièrement prisé est le cours innovateur élaboré par Jeff Thuot, nage en rapides.

Certains de nos membres les plus aventureux ont fait équipe avec Jacques Chassé pour concevoir, évaluer ou «tester» les canots d’eau vive de fabrication québécoise, les canots Esquif. Le club est impliqué activement au comité pour la protection des rivières de la Fédération depuis les débuts du comité.

Bivac - Journal du Club 2000Au cours de cette période, l’aspect canot-camping dans un esprit de vacances, bien qu’encore vivant surtout dans les expéditions, a perdu un peu de la place de choix qu’il occupait aux débuts. La Grande Bouffe, cette sortie annuelle et familiale du club, au cours de laquelle expériences culinaires et jeux sur l’eau s’entremêlent dans les rires et la joie, a aussi évolué. Les participants ont souvent le choix d’ateliers de perfectionnement techniques ou de descentes de rivières de plusieurs niveaux de difficulté.

–Le Bivac d’avril 2000

Deux générations maintenant ont suivi dans le sillage de la première. Il y a les anciens à la suite des fondateurs, les «technos» du milieu, et puis les enfants des premiers mordent à l’hameçon à leur tour. Un des fondateurs, Jacques Allard, exprime sa fierté de voir que le CCCPH demeure bien vivant et se renouvelle ainsi après 25 ans.

Depuis 2001… toujours l’esprit d’aventure avec innovation et dans le plaisir

Au printemps 2001, le CCCPH a offert d’organiser la sortie annuelle de la Fédération québécoise du canot et du kayak. C’est Denis Bérubé et son équipe dynamique qui ont relevé avec succès le défi des «Jeux d’eau aux Pays-d’en-Haut» du 18 au 20 mai 2002 en présence de la personne même du curé Labelle! Sortie exceptionnelle par son beau temps neigeux et froid, ses repas chauds et ses tentes, fournis aux 350 pagayeurs qui sont venus de l’ensemble du Québec au Camp Quatre-Saisons pour y découvrir La Rouge, La Diable et les autres rivières des «Pays-d’en-Haut». Innovation cette fois puisque plusieurs sorties en kayak ont également été organisées à cette occasion.

Caricature Solo

Depuis le printemps 2003, le CCCPH invite la population du grand Montréal et des environs à sa «Journée Découverte» au Parc de la Rivière des Milles-Îles au nord de Laval, toujours dans l’esprit de rendre le canot accessible au plus grand nombre. Suite à cette journée, les personnes intéressées peuvent poursuivre leur apprentissage lors d’une fin de semaine de formation.

Longue vie au Club de canot-camping des Pays-d’en-Haut!

Source: propos recueillis et rédaction par Marc Pontbriand.